Carnaval de Binche : raconte les souvenirs de Gilles de ta famille wallonne
Les souvenirs de carnaval, un trésor de famille belge
Demande à ta grand-mère son premier Mardi gras à Binche. Tu verras son visage changer. Les souvenirs de carnaval d’une famille belge tiennent souvent dans un détail minuscule : le bruit des sabots sur les pavés, le poids d’un chapeau à plumes qu’on porte pour la première fois. Ces images-là s’effacent vite. Et elles reviennent surtout quand on les dit à voix haute.
Le carnaval de Binche, trésor de l’humanité reconnu par l’UNESCO
Il a traversé les siècles presque intact, porté par les habitants eux-mêmes. Le carnaval de Binche figure depuis 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, après une première proclamation en 2003. Ce sont les Binchois qui la font vivre et la protègent, génération après génération.
Cette reconnaissance dit quelque chose pour ta famille. Si une organisation internationale a jugé que la tradition méritait d’être protégée, c’est qu’elle porte une mémoire collective rare. Dans cette mémoire collective vit la mémoire intime des tiens : la fois où ton grand-oncle a défilé pour la première fois, la robe que ta tante avait cousue, le café avalé en vitesse avant les jours gras. Une grande tradition mondiale prend racine dans les histoires d’une seule famille.
Le Gille, la soumonce et le jet d’oranges : un lexique festif wallon
Ce vocabulaire, tes aînés le manient sans y penser. Pour les plus jeunes, chaque mot mérite d’être expliqué, parce qu’il ouvre une porte sur un souvenir.
Le Gille est le personnage central du carnaval de Binche. Il porte un costume bourré de paille, des sabots de bois, une ceinture de clochettes appelée apertintaille (sept en moyenne) et, le Mardi gras, un imposant chapeau à plumes d’autruche d’environ 3 kg, monté à partir de centaines de petites plumes. Les Gilles dansent au son des tambours et avancent par sociétés, sur un répertoire de 26 airs traditionnels.
La soumonce désigne les répétitions qui précèdent les jours gras : les sociétés sortent à l’avance pour répéter le pas et le maniement du tambour, dans les semaines qui mènent au carnaval. C’est souvent là que naissent les premiers souvenirs d’enfance, quand un petit suit son père qui répète dans la rue.
Le jet d’oranges, enfin, est ce moment où les Gilles offrent des oranges à la foule depuis la Grand-Place. Le mot « jet » désigne ici un don, un geste d’abondance et de partage. On tend l’orange à quelqu’un dans la foule, qui la reçoit comme un cadeau. Ta famille a sûrement son histoire d’orange attrapée au vol et rapportée fièrement à la maison.
Pourquoi les oranges ont remplacé les pommes de terre dans les paniers des Gilles
C’est une question de chemin de fer. Avant, les spectateurs recevaient ce qu’on avait sous la main, le plus souvent des pommes de terre ou des oignons. L’inauguration de la gare de Binche en 1857 a tout changé : elle a permis l’arrivée des oranges sanguines venues d’Espagne, raconte le média wallon Tchak. Le fruit rare et coloré a peu à peu remplacé le légume du quotidien.
L’ampleur du geste impressionne. Selon Tchak, un grossiste régional importe chaque année plus de 200 tonnes d’oranges sanguines, principalement d’Espagne, pour le carnaval. À l’échelle d’un Gille, le média avance un ordre de grandeur de 30 à 40 kg distribués en moyenne. Voilà une statistique qui fait sourire un aîné et relance la conversation : « Et toi, combien tu en avais ramené, cette année-là ? »
Quelles questions poser à un aîné pour réveiller ses souvenirs de carnaval ?
Les bonnes questions sont concrètes et sensorielles. Plutôt que « C’était comment, le carnaval ? », vise un détail précis qui rouvre une scène entière. Voici de quoi démarrer, et tu adapteras au fil de la conversation.
- Tu te rappelles ton premier carnaval ? Tu avais quel âge, et avec qui tu y étais ?
- Qui, dans la famille, a porté le costume de Gille ? Comment on en parlait à la maison ?
- C’était quoi, le bruit du carnaval pour toi, enfant ?
- Tu as déjà attrapé une orange au vol ? Tu en faisais quoi, après ?
- Comment se passaient les soumonces, les répétitions avant les jours gras ?
- Qu’est-ce qui a changé dans le carnaval depuis ta jeunesse ?
Laisse les silences exister. Un aîné qui cherche un nom ou une date est en train de remonter le temps, et c’est souvent juste après une hésitation que surgit le plus beau souvenir. Pour aller plus loin sur l’art de provoquer ces moments, lis comment créer des moments mémorables avec tes proches âgés.
Comment le carnaval se transmet de père en fils dans les familles binchoises
À Binche, on ne devient pas Gille du jour au lendemain. On le devient parce qu’un père, un oncle, un grand-père l’a été avant. L’enfant suit les répétitions, porte d’abord un petit costume, apprend le pas et le maniement du tambour en regardant les adultes. La transmission passe par les gestes : on regarde faire, on imite.
Voilà pourquoi ces souvenirs sont si fragiles. Le savoir-faire du costume et les anecdotes de telle ou telle année vivent dans la tête des aînés. Quand un Gille de quatre-vingts ans raconte la fois où son propre père l’a emmené pour la première fois sur la Grand-Place, il transmet à la fois une fête et toute la lignée familiale qui la porte. Ce genre de récit dépasse largement le carnaval, comme le montre notre guide pour transmettre ton histoire familiale à tes petits-enfants.
Comment capter en récit familial les souvenirs de Gilles avant le prochain Mardi gras ?
Le carnaval culmine le Mardi gras, fête mobile fixée par rapport à Pâques (vérifie la date exacte de l’année qui vient avant de planifier). C’est un repère parfait pour fixer un rendez-vous : « Avant le prochain carnaval, on prend une heure pour que tu me racontes les tiens. » Voici comment t’organiser sans transformer le moment en interrogatoire.
| Approche | Effort pour l’aîné | Ce que tu obtiens |
|---|---|---|
| Album photo en main, on commente ensemble | Faible, on s’appuie sur les images | Souvenirs déclenchés par le visuel, dates retrouvées |
| Conversation libre enregistrée à voix haute | Faible, il suffit de parler | La voix, le rire, le ton, les expressions wallonnes |
| Prise de notes au stylo pendant qu’il parle | Moyen, le rythme se casse | Quelques phrases, mais on perd le grain de la voix |
| Tout reporter à plus tard, « quand on aura le temps » | Nul sur le moment | Le risque réel de ne jamais le faire |
La conversation enregistrée à voix haute reste la meilleure option, pour une raison simple : un aîné qui raconte parle à son rythme, sans la contrainte d’une dictée lente. Tu captes le ton, les hésitations, les mots wallons qu’aucune transcription manuelle ne rendrait. Notre guide complet pour préserver la voix d’un proche détaille cette approche pas à pas.
Du jet d’oranges au livre de famille : comment Raconte Moi garde ces histoires vivantes ?
Une fois la conversation lancée, reste le plus dur : ne pas perdre ce qui a été dit. C’est là que Raconte Moi intervient. Ton aîné parle, librement, de ses carnavals, de ses Gilles et des oranges qu’il a vu pleuvoir, et l’application transcrit sa parole en un récit écrit, prêt à être relu et transmis. Pas besoin de savoir taper sur un GSM ni de rédiger : il suffit de raconter.
Cette tradition dépasse largement Binche, et elle touche toute la mémoire wallonne. Si tu veux replacer ces souvenirs de carnaval dans l’histoire plus large des tiens, notre article pour préserver l’histoire de ta famille belge, ses traditions et ses dialectes t’aidera à tisser le fil complet, du carnaval à la ducasse, des mines aux dialectes.
Questions fréquentes sur les souvenirs de carnaval en famille
Qu’est-ce qu’un Gille à Binche ?
Le Gille est le personnage emblématique du carnaval de Binche. Il porte un costume rembourré de paille, des sabots de bois, une ceinture de clochettes (l’apertintaille) et, le Mardi gras, un chapeau à plumes d’autruche d’environ 3 kg. Il danse au son des tambours et offre des oranges à la foule.
Que veut dire « soumonce » ?
La soumonce désigne les répétitions du carnaval qui ont lieu avant les jours gras. Les sociétés sortent à l’avance pour s’entraîner au pas et au tambour, dans les semaines qui précèdent le Mardi gras.
Pourquoi les Gilles lancent-ils des oranges ?
L’orange est un don, symbole d’abondance et de partage, offert à la foule depuis la Grand-Place. Le fruit a remplacé les pommes de terre et les oignons d’autrefois après l’arrivée du chemin de fer à Binche en 1857, qui a permis d’importer des oranges d’Espagne.
Comment garder les souvenirs de carnaval d’un grand-parent ?
Le plus simple est de le faire raconter à voix haute, en s’aidant d’un album photo, et d’enregistrer la conversation. Tu préserves ainsi sa voix avec ses mots et ses anecdotes. Une application de transcription vocale par IA transforme ensuite ce récit parlé en texte transmissible.
Rejoins la bêta de Raconte Moi et offre à ta famille un récit vivant de ses carnavals, avant que le prochain Mardi gras n’arrive.