Fête des Vignerons : une mémoire qui ne revient que cinq fois par siècle
Pourquoi la Fête des Vignerons ne revient-elle qu’environ cinq fois par siècle ?
La Fête des Vignerons de Vevey se tient tous les vingt ans environ, soit à peu près cinq fois par siècle. Un enfant qui y assiste à dix ans aura souvent passé la soixantaine quand revient la suivante. Cette rareté en fait un repère de vie. Elle rend aussi sa mémoire fragile, à recueillir tant qu’on le peut.
Cette rareté tient à la nature même de la fête. La Confrérie des Vignerons de Vevey précise que l’événement est organisé « cinq fois par siècle environ », et l’UNESCO retient « tous les vingt ans » dans sa fiche d’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’intervalle réel a varié au fil de l’histoire : quatorze ans à certaines époques, plus de vingt à d’autres. Un rythme long, qui déborde le calendrier d’une saison.
Pour une famille vaudoise, cette lenteur change tout. Les souvenirs d’une édition ne se ravivent pas chaque été. Ils restent en sommeil pendant près de vingt ans. Quand ils refont surface, ceux qui les portaient le mieux ont parfois disparu.
1955, 1977, 1999, 2019 : qu’est-ce qu’une vie traverse comme éditions ?
Sur une vie entière, on assiste à très peu de Fêtes des Vignerons. Quatre éditions ont marqué les dernières décennies : 1955, 1977, 1999 et 2019. Quelqu’un né en 1950 a pu en vivre quatre. Quelqu’un né en 2000 n’en a connu qu’une seule, et devra patienter jusqu’à la prochaine, attendue vers 2039, sans date officielle à ce jour.
Quand on aligne ces années, on comprend pourquoi la fête devient un marqueur générationnel. « Mon grand-père a vu celle de 1955 », c’est situer une personne dans le temps long du Pays de Vaud, comme on situerait une vigne par le coteau où elle pousse.
| Édition | Dates | Qui s’en souvient aujourd’hui |
|---|---|---|
| 1955 | 1er–15 août | Les arrière-grands-parents, souvent les derniers témoins directs |
| 1977 | 30 juillet–14 août | Les grands-parents, alors jeunes adultes ou enfants |
| 1999 | 29 juillet–15 août | Les parents, parfois figurants ou choristes |
| 2019 | 18 juillet–11 août | Toi, tes enfants, la génération la plus récente |
Les dates de ces éditions sont recoupables sur la page Fête des Vignerons de l’encyclopédie collaborative Wikipedia. Pour situer l’ampleur de l’événement : l’édition 2019 a réuni près de 6 000 acteurs et figurants, près de 1 000 chanteurs, dans une arène de 20 000 places. Ces chiffres recouvrent des milliers de familles vaudoises qui ont cousu un costume ou répété un chant, un enfant porté sur les épaules dans la foule.
Ce qui reste d’une fête quand le rideau tombe pour vingt ans
Quand la dernière représentation s’achève, l’arène est démontée. Les costumes rejoignent des malles. Et il ne reste, pour vingt ans, que ce que les gens en gardent en eux. Les archives officielles conservent les partitions et les mises en scène. Elles laissent de côté la voix de ta tante qui chantait dans les chœurs, et l’odeur de la pluie sur les gradins ce soir-là.
La perte se concentre là. Une édition produit deux mémoires distinctes. Il y a la mémoire institutionnelle, datée et accessible dans les fonds d’archives. Et il y a la mémoire intime, celle des gestes et des émotions, qui tient à la seule parole de ceux qui l’ont vécue. La première survivra sans toi. L’autre s’efface en silence, à mesure que les témoins de 1955 puis de 1977 nous quittent.
La rareté de la fête aggrave ce phénomène. Entre deux éditions, deux décennies s’écoulent. Une génération entière de témoins peut disparaître dans cet intervalle. Ce qui n’a pas été recueilli avant la prochaine célébration ne le sera sans doute jamais.
Les souvenirs de la Fête se transmettent d’abord par les familles
La transmission de la Fête des Vignerons passe d’abord par les familles, avant les institutions. La fiche UNESCO le formule sans détour : « La transmission se fait par le biais des familles et de l’association à but non lucratif de la Confrérie des Vignerons de Vevey ». Ce sont les parents qui emmènent les enfants, les grands-parents qui racontent l’édition d’avant.
Cette dimension familiale pèse lourd. La Confrérie organise l’événement depuis 1797, et la fête figure depuis le 1er décembre 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Mais une inscription protège la pratique collective, sans rien garantir au souvenir personnel d’une soirée d’août dans les gradins. Ce souvenir-là, seule ta famille peut le garder.
Sabine Carruzzo-Frey, historienne, secrétaire générale et archiviste de la Confrérie des Vignerons de Vevey, est l’une des gardiennes reconnues de cette tradition. Son travail montre à quel point l’histoire de la fête repose sur un patient travail d’archive. À l’échelle d’une famille, ce travail d’archive, c’est toi qui peux le faire. En écoutant un proche et en enregistrant sa parole pour en garder trace.
Si tu veux situer la Fête des Vignerons dans l’ensemble des traditions vaudoises et suisses à sauvegarder, l’article préserver l’histoire de ta famille suisse en donne une vue plus large.
Recueillir la mémoire d’un proche qui a vécu une édition
Recueillir la mémoire d’un témoin de la fête demande peu de matériel et beaucoup d’écoute. Choisis un moment calme, sans agenda serré. Laisse ton proche parler à son rythme. L’essentiel tient dans la voix et dans les détails qui ne figurent dans aucune archive. Inutile de viser une couverture exhaustive.
Quelques repères concrets pour t’y prendre :
- Pars d’un objet ou d’une photo de l’époque. Un programme, un costume rangé au galetas, une coupure de journal réveillent les souvenirs mieux qu’une question abstraite.
- Enregistre la voix, pas seulement les mots. Le grain d’une voix et ses hésitations portent une charge que le texte seul perd.
- Note l’année de l’édition concernée. Un témoin de 1977 et un témoin de 1999 ne racontent pas la même fête.
- Ne corrige pas, ne recadre pas. Si ton proche s’égare vers un autre souvenir, suis-le. C’est souvent là que se cache le plus précieux.
Pour aller plus loin sur la collecte des souvenirs auprès des aînés, l’article transformer tes aînés en guides de vie propose une méthode d’écoute qui se prolonge naturellement ici.
Quelles questions poser pour faire parler un témoin de 1955, 1977 ou 1999 ?
Les meilleures questions restent ouvertes, tournées vers l’expérience vécue. Un témoin se souvient rarement des dates exactes. Il se souvient de ce qu’il a ressenti et de ce qu’il a vu. Oriente tes questions vers ce terrain.
Voici de quoi nourrir une conversation :
- Quel âge avais-tu, et avec qui es-tu allé à la fête cette année-là ?
- Qu’est-ce qui t’a le plus marqué en arrivant dans l’arène ?
- Y a-t-il eu un chant, une scène, un personnage que tu n’as jamais oublié ?
- Quelqu’un de la famille était-il figurant ou choriste ? Comment l’avez-vous vécu ?
- Qu’est-ce qui a changé dans la région entre cette édition et la suivante ?
Cette démarche s’inscrit dans une transmission plus vaste vers les plus jeunes. Si ton intention est aussi d’écrire pour la génération qui suit, l’article comment transmettre ton histoire familiale à tes petits-enfants complète bien cette réflexion. Car la prochaine édition n’arrivera sans doute pas avant 2039 : les enfants d’aujourd’hui hériteront de ce que tu auras pris le temps de garder.
Préserver ces voix avant la prochaine génération : par où commencer avec Raconte Moi ?
Le point de départ tient en une simple conversation. Assieds-toi avec ton proche, lance l’enregistrement, et laisse la parole venir. Avec Raconte Moi, l’aîné dicte ses souvenirs et l’IA les met en forme par écrit. Pas besoin de savoir taper au natel. La voix suffit, le récit s’écrit ensuite.
L’enjeu du temps est réel. Les derniers témoins directs de 1955 sont aujourd’hui très âgés. Ceux de 1977 le deviennent. Chaque année qui passe sans recueillir leur parole réduit la mémoire vivante de la fête à ses seules archives officielles. Pour les aspects pratiques de la captation sonore, le guide complet pour préserver la voix d’un proche détaille comment t’y prendre proprement.
Essaie Raconte Moi pour transformer la voix de ceux qui ont vécu la Fête des Vignerons en un récit transmissible, avant que la prochaine génération n’ait à l’attendre encore vingt ans.
Questions fréquentes
Tous les combien a lieu la Fête des Vignerons ?
Environ cinq fois par siècle, soit tous les vingt ans en moyenne selon l’UNESCO et la Confrérie des Vignerons. L’intervalle réel a varié au fil de l’histoire : il ne s’agit pas d’une périodicité fixe.
Quelles ont été les dernières éditions ?
Les éditions récentes ont eu lieu en 1955, 1977, 1999 et 2019. La prochaine est attendue vers 2039, sans date officiellement fixée à ce jour.
La Fête des Vignerons est-elle reconnue par l’UNESCO ?
Oui. La Fête des Vignerons de Vevey est inscrite depuis le 1er décembre 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est la pratique festive qui est inscrite, et non une édition précise.
Pourquoi recueillir maintenant les souvenirs d’un proche qui a vécu une édition ?
Parce que deux décennies séparent deux fêtes. Une génération de témoins peut disparaître dans cet intervalle. Ce qui n’est pas enregistré avant la prochaine édition risque de se perdre définitivement.
Faut-il du matériel particulier pour enregistrer ces témoignages ?
Non. Un natel ou un enregistreur simple suffit pour capter la voix. Avec Raconte Moi, ton proche dicte et l’IA transcrit, sans qu’il ait à écrire lui-même.